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 (SIYV) » fantôme du passé

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MessageSujet: (SIYV) » fantôme du passé   Jeu 16 Juil - 0:12

fantôme du passé
Siam Baden
feat.
Clyv Bartholomew


 

 



 

 

À ce moment précis, il y a 6 470 818 671 personnes dans le monde. Certains prennent peur, certains rentrent chez eux, certains racontent des mensonges pour s’en sortir, d’autres font simplement face à la vérité. Certains sont des êtres maléfiques en guerre avec le bien et certains sont bons et luttent contre le mal. Six milliards de personnes, six milliards d’âmes, et parfois, il ne vous en faut qu’une seule...



Tirer à la courte-paille n'avez jamais réellement était ton fort. Et si autrefois vos paris n'étaient que de vulgaires petites futilités, aujourd'hui les choses avaient évolués. Si bien que tu te retrouve dans un fast-food, au milieu d'un quartier populaire uniquement pour satisfaire les exigences et envies nutritionnelles de ta chère cadette. T'avais évité la pluie, mais tu te coltinais à présent la marée humaine du fast-food. Un jour de repos qui s'annonçait déjà bien loin de tes quelques espérances. Tu t'étais imaginé un repos bienfaiteur, des heures entières de grasses matinées avant d'entamer ce petit paquet de nicotine qui te narguait déjà au fond de ta poche. Et pourtant t'étais là. Encore dans la foule, dans ce troupeau populaire où d'indénombrables personnes s'ajoutaient un peu plus au fur-et-à-mesure des minutes. Le temps défile, s'écoule, sans que tu n'ai la vague impression que viennes enfin ton tour. De là où t'es, il t'arrive même parfois d'entrevoir certaines silhouettes se frayer un chemin au plus proche des guichets. Évitant avec ruse l'attente interminable qui ne cesse de se rallonger dérrières-toi. Et si l'envie de doubler te consumer intérieurement, tu prends patiemment ton mal en patience pour attendre que viennes enfin ton tour. Bien évidement, tu fulmines intérieurement. Jurant d'indénombrable fois contre les envies passagères de ta cadette. Toi, tu te serais contenter d'appeler un livreur de Pizza, ou bien t'aurais commander un repas chinois, des choses simples, des choses qui se livrent sans que tu n'ai besoin de te coltiner une marée humaine dans une heure de pointe. Peu à peu t'en viens à te rapprocher d'un des guichets, et tu profites de ta seconde place pour jeter un rapide coup d'oeil aux divers plats proposés dans ce fast-food. Parce que si Darcy a soigneusement annoté ses bons-vouloirs sur un petit bout de papier, toi, t'y vas tellement souvent que t'ignores quel plat choisir. T'es pas vraiment dans ton élément, dans ce milieu huppé que tu fréquentes si souvent. La première place se libère enfin, et esquissant un léger sourire de politesse tu laisses ton regard vagabonder encore un instant sur les différentes affiches. « Excusez-moi, j'ai pas vraiment l'habitude.  »  Les prunelles toujours relevées en l'air, t'ignores encore le visage familier qui vient de s'offrir à toi. Tu pinces tes lèvres, machinalement, glissant l'une de tes mains sur ta nuque à la recherche d'un hamburger. Tes yeux naviguent, parcours les annotations sans voir qui se trouve juste devant toi. Et n'arrivant pas à te défiler tu hausses tes épaules pour énumérer la commande de ta cadette en deux fois. Prenant ainsi le même repas que celle-ci.


© Gasmask


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MessageSujet: Re: (SIYV) » fantôme du passé   Jeu 16 Juil - 10:23



Clyv & Siam
Les grands moments de notre vie ne sont pas toujours immédiatement perceptibles : il peut arriver qu'on en mesure l'importance sur-le-champ ; mais il arrive aussi qu'ils surgissent du passé, bien des années plus tard. Il en va peut-être de même avec les gens.


La porte s'ouvre et c'est le bruit de la rue bondée qui envahit le couloir. Une bouffée bruyante qui s'insinue dans les moindre recoins de l'immeuble, les gens qui parlent forts à travers cette porte ouverte sur la ville, dessinant autour de toi une boule bruyante au sein de laquelle tu te réfugies. Toi qui peine à t'habituer à cette foule en éternelle reconstruction, à ses visages que tu ne reconnais jamais. Les voisins sont des fantômes, les passants tous trop pressés. Il est loin le temps où tu déambulait pieds nus, funambule de ces bases militaire. Les mains glissées au fond des poches de ton manteau, tu laisses la porte se refermer derrière toi. Tu deviens comme eux, tu ne fais plus attention aux choses. En équilibre sur le trottoir, tu vas sur un chemin que tes pieds ne connaissent que trop bien. Le chemin qui sent l'huile à outrance. Une nouvelle porte qui s'ouvre, et le bruit encore plus fort, les filles aux cheveux tirées qui s'appliquent à nettoyer les tables, les premiers clients qui parlent de leurs voix hautes, exigent, plus de sauces, plus de serviettes, plus de tout. Tu te glisses à l'arrière en espérant ne croiser personne. Tu es peut-être en retard, ou bien même en avance. L'heure ne dit jamais la vérité qu'on veut entendre. Tu te contente de te glisser dans ce vestiaire dédié aux employés, où tu retire ton tee-shirt sans plus y faire attention. La première fois, animal inquiété, tu surveillais la porte, terrifiée à l'idée qu'elle puisse s'ouvrir. Mais personne n'a que faire des portes qui s'ouvrent, alors tu enfiles l'uniforme, la tenue réglementaire sur laquelle on a dessiné un trop grand sourire, qui noie ton corps dans le tissu trop grand. Comme une marque de fabrique, le sourire toutes dents dehors. Ça rassure le badot moyen, de pouvoir demander des pailles à ces poupées sur lesquelles ont a dessiné des sourires, à ces filles à peine majeures qui montrent leurs dents. « Siam bordel ! » L'homme est pressé, articule d'une drôle de manière. Il grogne en pénétrant dans le vestiaire, pointant son index boudiné vers toi qui tente d'attacher tes cheveux pour les cacher sous le bonnet réglementaire. « Quand t'auras finis de t'faire une beauté, on t'attend à la caisse. » Il se retourne, petit et trapu, maladroit sur ses pieds. « Je vais quand même pas faire leurs boulots à ces connes ! » Tes sourcils se haussent, et tu laisses retomber tes cheveux en cascade. Un jour tu partiras de ce trou pourri.

Derrière le comptoir, tu t'actives en décomptant les heures qu'il reste. Elles sont lentes mais finissent pas s'enfuir, les longues minutes au service du client, toutes dents dehors. Et puis tu sortiras, t’ira voir Londres, te perdre dans une nouvelle rue que tes yeux grands ouverts découvrirons avec délectation. C'est la seule chose qui t'occupe. Te perdre et retrouver ton chemin. Rentrer tard et coucher sur papier les endroits vus et ceux qu'il reste à voire. Tu comptes sur tes doigts, stamford bridge, le musée d'histoire naturelle, le cinéma dans ton quartier. « Excusez-moi, j'ai pas vraiment l'habitude. » Tu ne l'as pas vu quand il s'est approché, l'ombre flou au milieu des autres qui se bousculent. Tu ne l'as pas vu et pourtant l'éclat de sa voix te percute violemment. Quelque chose de fort. Tu cesse de compter sur tes doigts, sourit un bref instant avant de porter la main à tes lèvres. Le destin est un drôle de personnage, souvent grossier et peu délicat, parfois dénué d'humour. L'ombre de l'autre côté du comptoir rayonne. Tu l'excuses et hésites à te glisser à la caisse d'à côté, murmurer à une collègue que tu ne te  sent pas capable de prendre cette commande qu'il semble récité. Le regard posé sur son papier, le garçon ne voit rien et c'est tant mieux. Tu dirais quoi ? « Salut ! Alors le coma, c'était sympa ? » Il parle de sa commande, mais tes doigts oublies ce qu'ils doivent faire. Il a changé. Son visage, ses cheveux et même sa façon de parler. Ils doivent te penser folle tous, là à l'observer, fixer sans gène ce drôle de fantôme débarqué d'un passé oublié. Tu hausses les épaules quand il arrête de parler. Ils doivent tous rire, de te voir là, devant lui et pas un autre. Toi ça te ferait rire aux éclats. Le destin est un type bizarre. « Je suis désolée, je n'ai pas écouté. »


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MessageSujet: Re: (SIYV) » fantôme du passé   Jeu 16 Juil - 11:40

fantôme du passé
Siam Baden
feat.
Clyv Bartholomew


 

 



 

 

À ce moment précis, il y a 6 470 818 671 personnes dans le monde. Certains prennent peur, certains rentrent chez eux, certains racontent des mensonges pour s’en sortir, d’autres font simplement face à la vérité. Certains sont des êtres maléfiques en guerre avec le bien et certains sont bons et luttent contre le mal. Six milliards de personnes, six milliards d’âmes, et parfois, il ne vous en faut qu’une seule...



« Je suis désolée, je n'ai pas écouté. » la goutte d'eau qui fait déborder ce vase déjà bien remplit. T'as l'impression qu'on t'assomme d'avantage, et que chaque situation de ce jour ne cesse inlassablement de t'amener à tes limites. T'as supporté la marée humaine, l'enjouement trop matinale de ta chère cadette, le manque de politesse de la plupart des Londoniens, et voilà que la jeune-demoiselle face à toi n'était même pas capable de prendre ta commande à temps. Tu lâches un soupire, ça t'énerve, t'exaspère tellement que le bout de papier vient à en être légèrement froissé entre tes doigts. Il ne manquait plus que ça :qu'une pimbêche adossée sur sa caisse pour t'énerver d'avantage.  A croire que c'est ton jour, ce fameux jour de l'existence humaine où rien, même une vulgaire commande dans un banal fast-food , ne va correctement. Et tandis qu'un amas de jurons s'entassent mécaniquement en ton esprit , tes prunelles viennent quant-à-elles à se relever vers cette jeune-femme.  « J'imagine que j'suis censé devoir tout répéter ?  » l'agacement tonne plus rapidement que tu ne l'aurais souhaité. Largué à la volée, trop vite pour que tu ne puisse reconnaître ces traits si-familiers qui s'offrent à toi. Tu tombes de haut. D'un gouffre sans-fin où ton visage s'éternise sur chaque parcelles de ce visage familier. Tu n'y crois pas, ou du moins tu ne veux pas y croire. La vérité t'oppresse et les souvenirs reviennent aussitôt en ton esprit. Tu la revois, là devant-toi, aussi belle qu'autrefois. Aussi charmante que tu te l'imaginais dans tes rêves, dans ceux qui te hantent parfois et où les souvenirs s'entassent jusqu'à en réveiller tes propres sentiments. Siam. Son prénom navigue en ton esprit, caressant soigneusement certains souvenirs égarés pour revenir te prendre d'assaut. T'as essayé de l'oublier, par tout les moyens, d'oublier la seule femme qui avait réellement compter à tes yeux. Et pourtant, à cet instant précis tu te rends compte que ces efforts étaient en vains. Et qu'il a suffit d'une vulgaire petite seconde, d'un instant d’inattention, pour que son visage te remémores tout ces instants passés. Tu l'aimais, et probablement que tu l'aimes encore. Alors, si tu meurs d'envie de prendre la fuite, de partir sans un mot à l'autre-bout de la ville t'en viens à t'extraire de tout ces sentiments pour jouer l'indifférent. Jouer à celui qui n'est pas atteint par le fruit du hasard. Jouer un rôle qui ne te convient pas. Jouer celui qui s'est remit d'une trahison. Et, en guise d'encouragement tu te répètes inlassablement ces mots, ceux qui t'ont écorché le coeur. Ces mots énoncés par cette même femme aprés une infidélité. La haine s'immisce alors en toi , et tu te contentes de répéter cette fameuse commande. « Vous m'écoutez cette fois-ci ?  » L'intonation de tes mots est peut-être plus dure que tu ne l'aurais souhaité. Et si tes pensées s'affolent en ton esprit, tu demeures physiquement impassible pour pouvoir énumérer une seconde fois la fameuse liste émise par ta cadette.  « Le même menu, en deux fois s'il vous plait. » inconsciemment t'en viens même à insister sur le "deux fois", juste par vengeance, juste pour prétendre des choses qui sont tout autres. Pour lui écorcher le coeur, à ton tour.



© Gasmask


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MessageSujet: Re: (SIYV) » fantôme du passé   Jeu 16 Juil - 13:48



Clyv & Siam
Les grands moments de notre vie ne sont pas toujours immédiatement perceptibles : il peut arriver qu'on en mesure l'importance sur-le-champ ; mais il arrive aussi qu'ils surgissent du passé, bien des années plus tard. Il en va peut-être de même avec les gens.


C'est percutant dans ta poitrine, le poids qui s'y abat sans prévenir. Il a le visage d'autrefois, mais le regard froid qu'il pose sur toi, cet air lointain qui fait s'affoler ta poitrine, tu ne le reconnais pas. Il ne te reconnaît pas. Ses paroles se détachent les unes des autres, accusent le coup. Il regarde sans te voir, et te voilà inconnue. Tu as pourtant été là, un jour, dans une autre vie. Tu as bien du poser une image, quelque part dans son esprit, un dessin un peu vague des enfants que vous avez pu être, ensemble, avant. Vous les enfants perdus. La vérité t’oppresse. Debout pressé par la foule, il ne te reconnaît pas. Il t'observe de loin, agacé par ton incompétence, toi qui d'un revers de main cherche à chasser cette abondance de souvenirs qui assaille ton esprit. Ta poitrine te hurle que tous les efforts passés sont dérisoire, qu'il était naïf de penser que tu pourrais, à défaut d'oublier, atténuer les contour de vos souvenirs en commun. Ta poitrine t'abandonne, étriquée, étouffant sous le cou de cette abondance d'oxygène. Il y a quelque chose, peut-être dans sa manière de se tenir ou de prononcer les mots, et un instant, tu pense t'être trompée, l'avoir confondu avec un autre inconnu. Et puis ses yeux, immenses. « Vous m'écoutez cette fois ci ? » Non, non tu n'écoutes pas. Tu te contre-fout de ce qu'il veut manger, tu te fout de ce que les autres derrière veulent bien manger. La journée qui démarrait avec une banalité déconcertante semble soudain se moquer de toi, rire à pleines dents. Tu hausse les épaules, en essayant de paraître normale, de ne pas ressembler à une de ces folles comme on en croise parfois. Une de celle qui fixe avec leurs yeux grands ouvert, persuadées que la terre entière se fait un devoir de ne voir qu'elle. Toi personne ne te vois. Tu recule, hésite, voudrait fuir mais reste là. Un peu de courage soldat. « Le même menu en deux fois s'il vous plait. » Arrête que tu voudrais lui crier, arrête avec cette politesse feinte qui t'écorche les lèvres. Le vouvoiement le rend laid. Le vouvoiement l'emporte tellement loin que tu ne fais pas attention aux mots qu'il prononce.
Derrière toi le grand patron qui passe en jetant un coup d'oeil par dessus ton épaule. Tu prends trop de temps Siam. Beaucoup trop.
Alors du bout des doigts, tu fais ce qu'on attend de toi, t'appliquant à ne plus croiser son regard, baisser les yeux, voir ailleurs. Qu'est ce que t'attend le destin ? « Tu… Vous...On ne s'est jamais vu ? » Tu espères, supplierait presque qu'il te laisse faire, qu'il te laisse approcher. Quitter le monde oppressant du comptoir. Tu souris du bout des lèvres, timide et mal assurée. « Je veux dire que vous ressemblez beaucoup à… à Clyv en fait. C'est idiot. » que tu dis pour te convaincre que tu fais bien. Que tu as face à toi l'opportunité tant désirée de ne pas laisser disparaître encore une fois. Il doit savoir. A défaut de te pardonner, il doit connaître la vérité. Mal assurée, tu poses sur le plateau devant toi tout ce qui te tombe sous la main. Pailles et serviettes. Et ce coeur qui continu de s'affoler dans ta poitrine. Le traitre. Il devrait te soutenir, te donner l'impression même éphémère de tenir le coup.


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MessageSujet: Re: (SIYV) » fantôme du passé   Jeu 16 Juil - 14:53

fantôme du passé
Siam Baden
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Clyv Bartholomew


 

 



 

 

À ce moment précis, il y a 6 470 818 671 personnes dans le monde. Certains prennent peur, certains rentrent chez eux, certains racontent des mensonges pour s’en sortir, d’autres font simplement face à la vérité. Certains sont des êtres maléfiques en guerre avec le bien et certains sont bons et luttent contre le mal. Six milliards de personnes, six milliards d’âmes, et parfois, il ne vous en faut qu’une seule...



Les minutes semblent interminables, si longues, que tes prunelles ne peuvent s'empêcher d'observer chacun des traits de son visage. Ces indénombrables traits qui t'ont été si souvent familier. Tu l'observes, guette ses adorables petites mimiques que tu connais déjà sur le bout de tes doigts, en te remémorant ces moments intimes partagés en sa compagnie. Ceux où les minutes défilaient sans que tu ne viennes à t'en soucier. Ces instants d'égarements, où ton visage venait à se perdre au coeur de sa chevelure d'ébène. Des instants passés, regrettés, et qui te hantent encore aujourd'hui. « Tu… Vous...On ne s'est jamais vu ? » Tu souris, car le visage baissé elle ne peut entrevoir ce fin sourire qui trône à présent sur ton visage. Évidement que vous vous êtes vus, vous vous êtes connus, même fréquentés. Et ça t'amuse presque de voir qu'elle n'y croit pas. Qu'elle n'ont plus ne veut pas croire à un tel hasard. Pourtant, si toi tu préfères renier le passé elle, elle le remue. Elle parle de vous, elle évoque des souvenirs que tu hantes d'enfouir en toi. « Je veux dire que vous ressemblez beaucoup à… à Clyv en fait. C'est idiot.  » ton petit sourire en coin trône encore sur ton visage, t'y peux rien, c'est plus fort que toi ; cette situation et ses mots te font sourire. T'amuses un brin, alors que tu vois ses gestes mal-assurés s'enchaîner sous tes yeux. Elle perds le contrôle, laisse ses émotions l'envahir jusqu'à en perturber son esprit. Toi, tu ne dis rien, tu l'observes simplement faire sans répondre à ses indénombrables interrogations.Tu pourrais, certes, mais t'as pas envie que ce soit si simple. A quoi bon répondre à cela, à quoi bon affirmer ses dires alors qu'elle le sait. Qu'intérieurement elle sait pertinemment qu'elle est ta véritable identité.  Aprés-tout, quel est le pourcentage de chance de croiser un homme semblable dans la ville natale de celui-ci ? Vient le temps de l'addition, et taquin que tu es tu ne peux alors t'empêcher de sortir cette petite carte bancaire où ton prénom et ton nom sont soigneusement inscrits. Peut-être qu'elle ne le remarquera pas, ou peut-être que cette banale petite carte pourrait donner toutes les réponses demandées auparavant. C'est plus subtile, et beaucoup plus interpelant qu'une réponse émise entre tes lèvres.  Et si ton petit plan venait tout juste à s'orchestrer, l'envie de répondre oralement à ses paroles te démanges. Tellement, que t'en viens à reprendre la parole. « On s'est connus, oui , et ce temps est aujourd'hui révolu Baden.  » Tes mots ce sont échappés, trop vite pour que tu ne puisses contenir tes émotions, ce fardeau que tu ne cesses inlassablement de traîner avec toi. Tu sais que tes mots tonneront en son esprit, et peut-être même qu'ils seront la cause d'une de ses maladresses. Tu t'en veux déjà d'avoir émis ces propres mots, et pourtant, elle mériterait bien plus mots péjoratifs que cela.



© Gasmask


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MessageSujet: Re: (SIYV) » fantôme du passé   Ven 17 Juil - 10:47



Clyv & Siam
Les grands moments de notre vie ne sont pas toujours immédiatement perceptibles : il peut arriver qu'on en mesure l'importance sur-le-champ ; mais il arrive aussi qu'ils surgissent du passé, bien des années plus tard. Il en va peut-être de même avec les gens.


« On s'est connu, et ce temps est aujourd'hui révolu Baden. » Autour d'une serviette en papier, tes doigts se resserrent alors que tu t'apprête à repousser vers lui son plateau couvert de victuailles. T'aurais préféré qu'il dise « Non, non c'est pas moi, vous faites erreur », plutôt qu'il n'approuve avec ce sourire détaché sur les lèvres. Pourtant tu savais Siam, tu savais qu'en débarquant ici, tu prenais le risque de croiser les recoins cachés du passé de l'amoureux, de ce prince qui quelques années plus tôt te racontait Londres à travers ses yeux d'enfants engagé dans l'armé. Il racontait la ville, des souvenirs sur lesquels il ne s'attardait pas mais que tu aimais écouter. Tu as aimé Londres dès que t'y as posé les pieds. Bien plus grand et moins rassurant que les bases militaires, c'est l'immensité qui t'impressionnait, qui faisait briller tes yeux immenses. Alors n'ai pas l'air surprise Siam, tu savais que tu pourrais le croiser, un jour, au détour d'une rue ou d'un comptoir. T'avais seulement imaginé pouvoir contrôler le moment, choisir le jour et l'heure où tu te présenterais devant lui pour demander des explications. Le moment où il t'enverrait balader comme il le fait à présent. Ce temps est aujourd'hui révolu. Le regard en équilibre contre sa peau, tu glisses vers lui le plateau, incapable de réagir de façon sensé. Lui sauter au cou pour te faire pardonner, lui balancer au visage tout le mépris qu'il n'a de cesse de te renvoyer. Le regard posé sur lui, tu laisses glisser l'addition, rassurée par des gestes que tu as déjà fais cent fois. Derrière toi le patron passe une nouvelle fois, te laissant le temps, peut-être, de sortir la tête de cette eau boueuse et tu t'avances. De quoi t'as l'air, à te débattre au milieu de rien, à perdre constance face à un type que les années ont, à n'en plus douter, changé dans un sens que tu aurais préféré ne jamais rencontrer. « T'as raison. » Ne plus laisser les fantômes te faire perdre pied. Tu dénoues le tablier de derrière ta taille et le pose sur le comptoir. Cette journée est interminable. Les minutes qui viennent de s'écouler t'oppressent. « Je viens d'apprendre ce qui s'est passé après que tu sois… partie. » Le coma, tu vois ? « Je suis contente de voir que tu vas bien malgré tout. T'as l'air d'être devenu… quelqu'un d'autre. » Quelqu'un qui fais s'emballer ton cœur, mais qui noie les papillons das ton ventre. Quelqu'un qui fait s'hérisser ta peau sans lui procurer le moindre frisson. Celui d'avant te bouleversait d'une manière qui lui était propre. Celui là sourit avec mépris, hausse les épaules avec détachement, celui là ferrait battre le tonnerre dans ta tête. « Un con ». Tu souris et fais demi-tour, t'éloigne du comptoir et du prince qu'il garde à distance. Tu ne sais pas bien à quoi il joue, encore moins à quel jeu tu joue à ton tour. Celui qui fais le plus de bruit, qui parle le plus fort ?

Tu sors du vestiaire un peu plus tard, une cigarette entre les lèvres que tu t'empresses d'allumer. Nicotine chère amie, prends le temps de tout apaiser. Ton sac sur le dos, ta veste au creux du bras, tu t'installes sur un trottoir dans une rue transverse. Londres était peut-être une mauvaise idée, une idée bancale. Ton père dans son ivresse avait raison, le passé quel qu'il ai pu être n'avait pas besoin d'être remué.


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